MondeLe - 2019-08-06

(Axel Boer) #1
4 |international MARDI 6 AOÛT 2019

A Chatila, un système D

pour soigner réfugiés et exclus

Une vingtaine de cliniques illégales de dentistes syriens opèrent

dans le camp palestinien enclavé dans une banlieue de Beyrouth

En Turquie, les origines ottomanes de Boris

Johnson réjouissent la presse progouvernementale

Des journaux nationalistes rappellent que l’arrière-grand-père du nouveau premier
ministre britannique s’était opposé à Atatürk

istanbul - correspondante

L’

accession de Boris John-
son à la fonction de pre-
mier ministre du Royau-
me-Uni a réjoui les médias turcs
progouvernementaux, prompts
à y voir le gage d’un renforce-
ment des liens entre la Turquie,
qui rêve de rejoindre l’Union
européenne (UE), et la Grande-
Bretagne qui brûle de la quitter.
Peu importe que le politicien à la
crinière blonde soit hostile à la
candidature turque à l’UE. Et tant
pis s’il a rédigé, en 2016, un
poème peu flatteur à l’endroit du
président turc, Recep Tayyip Er-
dogan, qualifié par lui de « formi-
dable branleur ». Le plus impor-
tant, aux yeux des médias et des
politiciens du cru, ce sont ses ori-
gines turques.
« Boris le Turc » , comme l‘a qua-
lifié la presse, est perçu avant
tout comme un enfant du pays.
Le fait que son arrière-grand-
père, Ali Kemal (1867-1922), fut
ministre de l’intérieur à l’époque
de l’Empire ottoman fait de lui
un produit du terroir. « Le petit-
fils d’un Ottoman devient premier
ministre! », ont titré les journaux
au lendemain de son arrivée au

10 Downing Street, le 24 juillet. Le
président Erdogan l’a félicité
d’un Tweet, voyant sa nomina-
tion comme l’assurance d’une
« amélioration des relations ».
L’enthousiasme était à son
comble à Kalfat (région de Can-
kiri, nord de l’Anatolie), le village
dont la famille de Boris Johnson
est originaire. « Chez nous, ses an-
cêtres sont appelés “les blonds” et
d’ailleurs la blondeur de Boris Jo-
hnson lui vient de cette lignée » , af-
firme Mustafa Bal, un villageois
de Kalfat, à l’agence de presse tur-
que Demirören. En 2016,
l’homme politique britannique,
alors chef de la diplomatie, s’était
rendu dans le village de ses ancê-
tres où il avait été accueilli en
hôte de marque.

« Un ennemi de l’islam »
Insensible aux racines turques
de Boris Johnson, le journal isla-
mo-nationaliste Yeni Akit a pris
soin de rappeler qu’il était avant
tout « un ennemi de l’islam » ,
connu pour ses déclarations mo-
quant les femmes qui portent la
burqa et ses critiques de la reli-
gion islamique.
« Boris est l’arrière-petit-fils d’un
traître » , a cru bon de rappeler le

quotidien nationaliste Sözcü , une
allusion au rôle joué par son aïeul
lors de la guerre d’indépendance.
Ce rôle a été passé au crible par les
personnalités politiques et les
médias ces derniers jours, décrit
tour à tour comme « un collabo »
ou un héros.
Journaliste de formation de-
venu ministre de l’intérieur dans
le gouvernement de Damat Ferid
Pacha, grand vizir du sultan, Ali
Kemal est resté dans les mémoi-
res comme celui qui s’opposa à la
lutte de libération menée par
Mustafa Kemal dit Atatürk, le
père de la Turquie moderne. Alors
que les Jeunes Turcs, le groupe di-
rigeant, consolidait son pouvoir
dans un empire en voie d’écroule-
ment, Ali Kemal, marié à une Bri-

tannique, choisit de s’enfuir en
Grande Bretagne, où est né le
grand-père de Boris Johnson, Os-
man Wilfred Kemal.
De retour à Istanbul en 1912, Ali
Kemal continua de s’opposer au
nouveau pouvoir, s’érigeant no-
tamment contre le génocide des
Arméniens. Il souhaitait faire de
son pays un protectorat britanni-
que. En novembre 1922, il fut kid-
nappé puis lynché à mort par une
foule à la solde du général Nou-
reddine Pacha. Son corps fut en-
suite suspendu à un arbre. Sözcü a
d’ailleurs publié sur son site une
photo assez floue du corps, rappe-
lant la « collaboration » du suppli-
cié avec les puissances occupan-
tes (France, Grande Bretagne, Ita-
lie, Grèce).
De rares voix lui ont rendu
hommage, dont celle de Garo Pay-
lan, député du Parti de la démo-
cratie des peuples (prokurde, op-
position). « Ali Kemal voulait que
les responsables des crimes com-
mis lors de la chute de l’empire ot-
toman rendent des comptes. S’il
avait réussi, la culture du géno-
cide, du lynchage, des putschs
aurait peut-être disparu » , se
prend-il à espérer.p
marie jégo

Les dentistes
étrangers ne
peuvent pas
officier au Liban,
mais l’enclave
palestinienne
échappe au
contrôle de l’Etat

« Boris le Turc »,
comme
l’a qualifié
la presse, est
perçu avant tout
comme un enfant
du pays

R U S S I E
Paris et Berlin
dénoncent les
arrestations d’opposants
La France et l’Allemagne ont
dénoncé, dimanche 4 août, les
arrestations à Moscou d’oppo-
sants. Quelque 828 personnes
ont été interpellées samedi
dans la capitale russe lors
d’une manifestation non
autorisée, qui réclamait
l’ouverture des élections loca-
les du 8 septembre à Moscou
aux candidats de l’opposition.
Le ministère des affaires
étrangères français « appelle
la Russie à libérer sans délai les
personnes incarcérées ces der-
niers jours ». Le gouvernement
allemand a estimé que la Rus-
sie avait « violé » ses « obliga-
tions internationales » pour
des « élections libres et équita-
bles ». – (AFP.)

I R A N
L’Iran a saisi un troisième
navire étranger
L’Iran a annoncé, dimanche
4 août, la saisie d’un pétro-
lier étranger dans le Golfe, le
troisième bateau arraisonné
par la République islamique

en moins d’un mois dans
cette région stratégique au
cœur des tensions entre Té-
héran et Washington. Sept
étrangers membres de
l’équipage ont été arrêtés
lors de l’opération survenue
mercredi, a indiqué l’agence
de presse Fars. Le navire
transportait « 700 000 litres
de carburant de contre-
bande » , selon les gardiens
de la révolution. – (AFP.)

S Y R I E
La Turquie menace
de lancer une offensive
dans le nord de la Syrie
La Turquie compte lancer une
offensive dans le nord de la
Syrie pour en déloger une mi-
lice kurde qu’elle considère
comme terroriste, a annoncé,
dimanche 4 août, son prési-
dent, Recep Tayyip Erdogan.
« Nous avons dit cela à la Rus-
sie et aux Etats-Unis » , a dé-
claré le chef de l’Etat lors d’un
discours télévisé. Depuis des
mois, M. Erdogan menace de
lancer une offensive contre la
milice kurde YPG – Unités de
protection du peuple –, soute-
nue par Washington. – (AFP.)

Deux prêtres argentins

accusés d’abus sexuels

Une vingtaine d’enfants sourds-muets,
âgés de 5 à 17 ans, ont témoigné

buenos aires - correspondante

U


n procès pour abus
sexuels commis contre
une quarantaine d’en-
fants sourds-muets de l’institut
catholique Provolo de Mendoza
s’ouvre lundi 5 août, au pied de la
cordillère des Andes, à 980 kilo-
mètres de Buenos Aires. Deux
prêtres sont sur le banc des accu-
sés : Nicola Corradi (84 ans) et
Horacio Corbacho (58 ans), ainsi
que l’ancien jardinier de l’établis-
sement, Armando Gomez.
Au pays natal du pape François,
les avocats des victimes accusent
le souverain pontife d’avoir pro-
tégé des prêtres, accusés d’actes
pédophiles en Argentine mais
aussi en Italie, à Vérone, où se
trouve la maison mère de l’insti-
tut Provolo. En Argentine, une
enquête est également en cours
sur des abus sexuels qui auraient
été commis dans une autre insti-
tution Provolo, à La Plata, capitale
de la province de Buenos Aires.
A Mendoza, où le scandale avait
éclaté en 2016, la justice a recueilli
les témoignages d’une vingtaine
de filles et garçons, âgés de 5 à
17 ans, qui ont révélé des faits sor-
dides : viols par sodomie et fella-
tion, flagellations et tortures. Un
enfer aggravé par les difficultés
pour les victimes de se faire com-
prendre par leurs parents, qui ne
connaissent pas forcément la lan-
gue des signes. La justice a dû avoir
recours à des interprètes pour re-
cueillir leurs déclarations. De
nombreux enfants, venant de mi-
lieux défavorisés, étaient pension-
naires et dormaient à l’institut.
L’avocat Sergio Salinas affirme
« qu’au moins trois fillettes sont
tombées enceintes, sans que l’on sa-
che ce que sont devenus les bébés ».

« La petite maison de Dieu »
La première dénonciation date du
28 novembre 2008. Cintia Mon-
tez avait pressenti que son fils de
12 ans avait été victime d’agres-
sions sexuelles. Mais la justice
avait classé la plainte sans suite. Il
a fallu attendre huit ans pour que
le scandale éclate. En novem-
bre 2016, au cours d’une fête au
Provolo, une ancienne élève,
sourde-muette, a soudain ra-
conté, aidée d’une interprète,
qu’elle avait été victime de viols
depuis l’âge de cinq ans. Son
témoignage a été pris au sérieux
par des élus de Mendoza. Au
cours d’une inspection de l’éta-

blissement, les enquêteurs ont
découvert un grenier, baptisé « la
petite maison de Dieu » , où les
enfants étaient violés, parfois
enchaînés. Le Provolo a été vendu
par l’Eglise à la municipalité de
Mendoza en septembre 2018, et
totalement remodelé.
Le prêtre Nicola Corradi avait
été transféré d’Italie en Argentine
en 1984, après avoir été impliqué
dans des scandales d’agressions
sexuelles dans l’institut Provolo
de Vérone. Il fut le directeur du
Provolo de La Plata, avant de diri-
ger celui de Mendoza à partir de


  1. Arrêté en 2016, il a été assi-
    gné à résidence en raison de son
    âge. L’autre prêtre emprisonné,
    Horacio Corbacho, a également
    été en poste au Provolo de La
    Plata avant d’être muté à Men-
    doza. Deux autres procès sont
    prévus « pour complicités et négli-
    gences »
    , l’un contre une reli-
    gieuse japonaise, Kosaka Ku-
    miko, l’autre contre treize an-
    ciens employés de l’institut.
    Deux envoyés spéciaux du Vati-
    can venus à Mendoza pour inter-
    roger les deux prêtres, qui se
    disent innocents, ont affirmé que
    les plus hautes autorités de
    l’Eglise n’étaient au courant de
    rien. Invoquant le secret clérical et
    le droit canonique, ils ont refusé
    de mettre à disposition de la jus-
    tice les informations qu’ils ont pu
    recueillir au cours de leur propre
    enquête, malgré les exhortations
    des avocats de la défense. Ces der-
    niers soulignent que le nom de
    Nicola Corradi figurait depuis des
    années dans le registre mondial
    des curés pédophiles, créé après le
    scandale de pédophilie, au début
    des années 2000, dans l’archidio-
    cèse de Boston, aux Etats-Unis. « Il
    est impossible que le pape n’ait pas
    eu d’informations le concernant »,

    juge Carlos Lombardi, avocat de la
    Fédération argentine des survi-
    vants des abus sexuels ecclésiasti-
    ques. D’autant qu’avant d’être élu
    pape, le 13 mars 2013, le cardinal
    Jorge Bergoglio était archevêque
    de Buenos Aires depuis 1998.
    Fondée à Vérone, en 1841, par le
    père Antonio Provolo, la Compa-
    gnie de Marie pour l’éducation
    des sourds-muets a ouvert deux
    succursales en Argentine, en 1914
    à La Plata, puis en 1995 à
    Mendoza. Les instituts Provolo
    étaient considérés comme les
    meilleurs lieux d’apprentissage
    pour enfants sourds-muets.p
    christine legrand


beyrouth - correspondance

L’

attente est longue chez
le docteur Samer (le pré-
nom a été changé), un
dentiste syrien, dans le
camp palestinien de Chatila, en-
castré dans une banlieue pauvre
de Beyrouth. Hala, qui vit au sud
de la capitale libanaise, s’apprête à
se faire poser une couronne, pour
un prix défiant toute concurrence.
« Je n’ai pas les moyens de me soi-
gner ailleurs », dit cette réfugiée
originaire de la campagne d’Alep,
face à un autre patient qui se met
des compresses pour épancher le
sang dans sa bouche.
Dans les ruelles étroites de
Chatila, où touk-touks et scooters
se faufilent entre les passants, des
enseignes indiquent la vingtaine
de cliniques dentaires où prati-
quent des Syriens. Parmi ces
jeunes, plusieurs ont fui le service
militaire dans leur pays. « On
n’était que cinq ici quand je me suis
installé, il y a plus de deux ans.
Aujourd’hui, on est 35 : il y a plus de
dentistes que d’épiceries à Cha-
tila » , ironise le docteur Amr,
originaire du sud de la Syrie. Mal-
gré la visibilité, beaucoup refu-
sent de parler, par peur d’attirer
l’attention.
« On est illégaux. Je suis diplômé,
j’ai de l’expérience, mais mon
travail est illégal » , déclare ce
professionnel de 30 ans, dans un
rire amer. S’il travaille à Chatila,
c’est parce que les dentistes étran-
gers ne peuvent pas officier au
pays du Cèdre, et que l’enclave pa-
lestinienne échappe au contrôle
de l’Etat libanais : s’y entremêlent
au quotidien ingéniosité, sys-
tème D et trafics en tout genre.
Dans ce petit kilomètre carré de
béton et de misère, ses patients
sont des Syriens en majorité, et
des Libanais : « Les premiers sont
rassurés d’être soignés par un
compatriote. Et pour tous, nos
tarifs bas sont attractifs : au Liban,

la santé coûte cher. » Des sourires
hollywoodiens, sur des pan-
neaux, tiennent lieu de réclames.
« Mais les Syriens viennent parce
qu’ils ont mal, pas pour le super-
flu » , commente Tarek, qui super-
vise trois cliniques de dentistes
syriens, pour le compte d’un mé-
decin libanais.
L’offre et la demande se sont vite
rejointes, face à la misère médicale
des réfugiés syriens. En théorie, ils
peuvent accéder à des soins den-
taires subventionnés par l’aide in-
ternationale ; mais le nombre
d’ONG fournissant ces services est
limité. Et les prestations classi-
ques sont inabordables pour une
population dont près de 70 % vit
sous le seuil de pauvreté.
Parce que Chatila est un lieu
ouvert, sans barrages de l’armée,
l’accès pour les patients, parfois
venus de loin, est facile. Dans
cette zone de relégation sociale, la
débrouille permet tant bien que
mal aux réfugiés, ainsi qu’à
d’autres exclus, de recevoir des
soins. « Quand des ONG propo-
sent des traitements dentaires,
c’est bondé. Ici, le dentiste a le
temps » , juge, dans un cabinet,
Kawkab, une Syrienne.
En l’absence de contrôles, le
meilleur et le pire se côtoient à
Chatila, où les conditions d’hy-
giène, à cause des infrastructures
déplorables, sont misérables.
Dans un cabinet, des équipe-
ments neufs ; derrière une autre

porte, du matériel vétuste et sale.
Ici, un diplôme de la faculté de
Damas est affiché au mur ; là, un
praticien qui n’a pas terminé son
cursus – aux dernières nouvelles,
il a pris la poudre d’escampette.

« On est solidaires »
Dans d’autres camps palestiniens
du Liban, des dentistes syriens ont
essaimé. « Je ne veux pas parler
contre les Syriens ; les Palestiniens
en Syrie étaient bien intégrés »
avant la guerre, commence Has-
san Al-Natour, président de
l’Union des dentistes palestiniens
au Liban, une association profes-
sionnelle qui fait office de syndi-
cat. « Mais il y a trop d’anarchie. »
Souhaitant plus d’encadrement, il
cite des cas de complications à la
suite de soins de piètre qualité.
Hassan Al-Masri, 27 ans, a ainsi
fini aux urgences, atteint d’une
septicémie, après avoir été char-
cuté dans une clinique illégale
syrienne. « La dentiste n’était pas
du tout douée » , constate ce Pa-
lestinien du camp de Bourj
El-Barajneh, non loin de Chatila.
Plus de deux ans après, il en
garde des séquelles. Mais il n’a
pas porté plainte.
A en juger par l’affluence dans
son cabinet, les nouveaux confrè-
res n’ont pas fait d’ombre au
docteur Rami Abdelrazak, l’un des
six dentistes palestiniens à Cha-
tila. Marginalisés de longue date,
ces professionnels ne peuvent
pratiquer au Liban que dans les
camps ou les structures consa-
crées à leur communauté. Lui, qui
a étudié à Alep, soigne aussi pour
un prix modique « Palestiniens, Sy-
riens et Libanais » – pour ces der-
niers, le système de santé natio-
nal, où le privé a la main haute, est
aussi synonyme d’inégalités. Le
dentiste a vu le camp « changer » :
les Syriens sont désormais les plus
nombreux à vivre à Chatila, créé
en 1949 pour accueillir les Palesti-
niens forcés à l’exode au Liban, à la

création d’Israël, un an plus tôt.
Dans l’enclave, la colère gronde
depuis que les autorités libanaises
mènent campagne contre les Sy-
riens et les Palestiniens sans per-
mis de travail. « Depuis juillet, le
nombre des malades a baissé : des
réfugiés [syriens] évitent de se dé-
placer, de peur que les simples con-
trôles d’identité s’intensifient
aussi » , relève le docteur Samer,
originaire du centre de la Syrie.
Avant que la pression ne s’ac-
centue, des cabinets médicaux
sans permis, ouverts par des
professionnels syriens hors des
camps, avaient été fermés par la
police. « Mais des Syriens prati-
quent au noir dans des cliniques
libanaises! Je l’ai fait, avant de ve-
nir ici : j’étais payé au lance-pier-
res », dénonce le docteur Amr,
dans sa minuscule salle d’attente.
Des petits mendiants, pieds nus
et visage sale, en franchissent le
pas, avant de se faire chasser.
Le courroux des Palestiniens
face aux mesures libanaises « ne
s’est pas retourné contre les
Syriens » , assure le docteur Samer.
« On est solidaires. Les Libanais
veulent nous enlever notre dignité,
à nous Palestiniens, et ils aggra-
vent la douleur des Syriens en les
poussant au départ » , déplore
Leïla, une habitante de Chatila. Le
dentiste syrien s’y sent à l’abri.
« La police libanaise n’y entrera
pas. » Mais il est las de cette préca-
rité. « Sans nous, comment se
soigneraient les réfugiés? » p
laure stephan

« Nos tarifs bas
sont attractifs.
Au Liban, la santé
coûte cher »,
explique un
médecin syrien
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