La Revue Nationale De La Chasse N°864 – Septembre 2019

(Wang) #1
tés. Bien que les détracteurs de
la chasse sélective aient coutume
de dire qu’avec ce mode de chasse,
le gibier arrêté n’aurait aucune
chance, force est de constater que
le facteur émotionnel est très pré-
sent chez la grande majorité des
pratiquants. Ils pensent que cette
chasse est similaire à celle du bro-
card, moins stressante. Il n’en est
rien, la fameuse buck fever^ (1) fait
toute la différence. »
Ce facteur émotionnel est fonda-
mental pour les deux protagonistes.
Les effets de cette émotion sont sou-
vent spectaculaires : tremblements
de tout le corps lorsque le cerf se fait
voir, difficulté à manipuler l’arme
que l’on connaît pourtant par cœur
et à stabiliser le réticule sur l’épaule
de l’animal, tirs manqués ou mau-
vaises atteintes même bien calé sur
un mirador à distance raisonnable...
Les effets sont nombreux et consti-
tuent des obstacles à surmonter aux-
quels personne n’échappe. Il est
indéniable que la charge émotion-
nelle entre chasser ce gibier durant
le brame et faire du tir au stand n’a
rien à avoir.

Des difficultés
rapidement vertigineuses
Louis tient à préciser : « Si voir des
cerfs pendant le brame est plus aisé,
être en position de tir sur un animal
est nettement plus difficile. Un peu

par provocation, je dirai que bra-
conner des cerfs pendant le brame
ne doit pas être très compliqué. Par
contre pour réussir à chasser un
cerf précis, dans des critères sou-
vent draconiens, la difficulté de-
vient alors très vite vertigineuse. Par
exemple, sur le territoire marnais,
nous devons prélever uniquement
des cerfs de plus de 9 ans. En Croa-
tie, les critères de tir sont tout aussi
complexes puisque seuls les cerfs
dits "de récolte" à l’apogée de leur
ramure et les animaux déficients
peuvent être tirés. Ce contexte in-
duit une sorte de pression morale
qui s’ajoute à l’émotion. »
Grâce à leur expérience, les deux
passionnés souhaitent attirer éga-
lement l’attention sur d’autres dif-
ficultés qui peuvent jaillir sur le ter-

rain, carabine à l’épaule. Pour Louis,
si le comportement des mâles est
modifié, il n’en est rien de celui des
femelles : « Durant le rut, les cerfs
sont la plupart du temps au milieu
de leur harpail de biches. Même si
elles sont courtisées ardemment,
leur vigilance légendaire est tou-
jours d’actualité. Et elles sont au-
tant de paires d’yeux, d’oreilles et
de narines qui vont nous repérer au
moindre faux pas. J’ai pu constater
également que les places de brame
ne sont pas telles que notre imagi-
naire peut nous le faire croire. Je n’ai
jamais vu de cerfs bramant au mi-
lieu d’immenses pelouses rases et de
prés forestiers. Ce sont souvent des
zones au cœur des enceintes boisées
où l’approche est très compliquée
et entraîne une grande proximité
avec les animaux. » Michel com-
plète ce panorama des difficultés
avec la résilience des cerfs gonflés
d’hormones.
Ses constats de terrain sont nom-
breux et révélateurs d’une résistance
physique hors normes : « Malgré des
conditions de tir souvent bonnes,
sur un animal non stressé, j’ai
constaté que pour 80 % des tirs ré-
alisés d'une distance supérieure à
100 m, l’animal part avec la balle...
et le lot de complications que cela
implique. Chaque année, cela arrive
malheureusement de perdre des
animaux pourtant clairement at-
teints, et cela malgré de gros efforts
de recherche. J’ai vécu des évène-
ments marquants comme ce cerf C2
tiré à 135 m, distance relevée au té-
lémètre. Il a fallu trois impacts de
9,3x62 pourtant bien placés pour ar-
rêter définitivement sa course après
le premier tir. Une autre fois, un

Pendant le rut
les mâles sont
entourés par les
biches qui de
leur côté restent
vigilantes au
danger.

...
En termes de calibres
Les populations
écossaises mises à
part, il est évident que
pour le cerf élaphe du
continent européen, il est
indispensable d’utiliser
un calibre d’au moins
7 mm de diamètre. Les
calibres magnum trouvent
un parfait domaine
d’application pour
exploiter leurs balistiques.
Michel prévient : « De

manière générale, je
suis convaincu que pour
ce mode de chasse et
cet animal, il faut des
calibres très rapides
pour avoir un maximum
d’énergie. Le calibre
300 Weatherby Magnum
par exemple est très
efficace. Le 9.3x62
manque de vitesse. Il est
préférable de privilégier la
vitesse à la masse. »

86 La Revue nationale de la chasse - No 864 septembre 2019


S. Levoye


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Les places de
brame sont souvent
des zones au cœur des
enceintes boisées où
l’approche est très
compliquée et
entraîne une grande
proximité avec les
animaux . 
Louis Beaudeux”

Chasse Point de vue


(1) La fièvre du mâle.
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