Libération Vendredi 6 Mars 2020 u 27
L
a jeunesse se mobilise pour le climat,
c’est désormais un fait avéré dont on
parle de plus en plus dans les
médias. L’on s’interroge sur les motiva-
tions de ces jeunes, sur les événements
déclencheurs, sur leur légitimité à agir, ou
encore sur leur possible embrigadement
par des influences extérieures. Mais rare-
ment, trop rarement on se pose la question
de leur état psychologique, juste avant, et
après avoir fait le choix de cet engagement
si fort.
Pourtant, au pays merveilleux de la jeu-
nesse volontaire, engagée et dynamique,
se cache un mal très répandu et difficile-
ment identifié : une sorte de traumatisme
écologique. Les idées de solastalgie, ou
d’éco-anxiété, se propagent de plus en
plus, mais celles-ci sont applicables à la
société entière, sans distinction d’âge. Il
s’agirait d’une sorte de dépression, ou de
forte déprime, qui face à la catastrophe
écolo gique ferait perdre tous leurs moyens
aux individus, à une intensité différente
en fonction de chacun·e. Mais chez les en-
fants et les jeunes, cette prise de cons-
cience s’avère bien plus brutale, s’apparen-
tant à une forme de traumatisme, qui
change la vie drastiquement.
La catastrophe écologique, telle qu’elle
s’annonce aujourd’hui, remet en question
toutes les façons qu’ont les enfants d’ima-
giner leur futur. Habituellement, l’on se
demande pendant notre enfance combien
d’enfants on voudra plus tard, quels se-
ront leurs prénoms et quel sera notre mé-
tier de rêve. On aura une grande maison
au bord de la rivière, avec des animaux et
une cheminée. On sera cosmonaute, alpi-
niste, chercheu·r·se d’or à temps partiel.
Ou tout simplement heureu·x·se. Au-
jourd’hui, entrevoir l’avenir est devenu
brutal, violent, et presque désespérant :
les enfants d’aujourd’hui, nous, la jeu-
nesse, nous ne savons même pas si nous
aurons un futur. Nous ne savons même
pas si nous allons mourir de vieillesse.
Nous ne savons même pas combien de
temps il nous reste.
Quand un enfant comprend cela, alors sa
vision du futur est complètement boule-
versée. Impossible de se construire serei-
nement quand l’avenir est menacé, et
quand on apprend qu’il faudra se battre
pour avoir le droit d’en jouir. Pour simple-ment avoir le droit à un futur. Et quand on
comprend tout cela à 25 ans ou 30 ans,
alors on a les armes pour y répliquer psy-
chologiquement. On a une expérience de
vie qui nous permet d’un peu théoriser la
situation pour y chercher la solution. Pas
toujours, bien entendu, le temps ne fait
rien à l’affaire et le contrecoup est dur à
encaisser à tout âge. Mais quand on subit
cette prise de conscience pendant l’en-
fance, ou l’adolescence, cela détruit tous
nos schémas de pensée habituels, en ne
nous permettant plus de se projeter dans
un futur certain. On se retrouve avec un
futur à construire, à préserver, qui néces-
site de se battre. Et on n’a pas les armes,
pas les moyens pour le faire. C’est une
situation inédite, et qui découle sur un
mal totalement nouveau : un traumatisme
écologique de la jeunesse. Une perte com-
plète de repères dans un monde où tout
est à repenser, où aucune base existante
n’est assez solide pour pouvoir s’appuyer
dessus sereinement. Un monde alors en
perpétuelle hésitation, en doute perma-
nent. Mais dans le même temps, un
monde qui nous impose des délais fati -
diques et très courts. Un monde qui nous
dit que la jeunesse doit s’engager, car c’est
elle qui est en danger.
C’est tout ce cheminement-là qui conduit
la jeunesse à s’engager aujourd’hui pour le
climat. Cet engagement est beau, certes,
mais il serait trompeur de le considérer
uniquement comme un engagement
spontané et heureux. Il l’est en partie, mais
il résulte aussi d’une sévère peur du lende-
main, d’une angoisse individuelle qui ne
se dissipe que par l’action collective, parce
qu’elle n’est pas encore officiellement
diagnostiquée, parce que l’on manque à la
comprendre en profondeur et à y trouver
des solutions.
Le danger face à cela est le creusement
d’un fossé entre les générations, tant il est
impossible pour les plus anciennes de
comprendre ce que vivent les plus jeunes.
Malgré tous les efforts du monde, il sera
bien difficile de se mettre à 100 % dans la
peau d’un enfant, qui brutalement d’un
jour à l’autre réalise qu’avoir un futur, quel
qu’il soit, n’est pas quelque chose d’acquisdemment pas à un développement apaisé
dans la vie. Tout est alors question de
recherche de solutions face à ce vide bru-
tal, mais une recherche collective, assu-
rant aux un·e·s et aux autres, enfants et
jeunes en premier, une sécurité, un filet de
secours qui nous indique que nous som-
mes plusieurs dans la bataille, et que si tu
dois te battre pour ton futur, alors je me
battrai aussi pour le tien, puisque tu te bat-
tras pour le mien.
Alors pour éviter que le traumatisme éco-
logique ne devienne le nouveau mal du
siècle, et qu’il ne détruise mentalement
toute une génération, voilà le message
que les adultes doivent envoyer au-
jourd’hui à la jeunesse : je suis là, et je me
battrai pour toi, car j’ai eu le droit à un fu-
tur qui existe, et je veux que tu y aies le
droit aussi.•dans sa vie. Alors, tout l’enjeu pour les
adultes est de savoir accompagner cela. De
réussir sans mentir à expliquer ce qui
arrive, et comment y faire face, en somme
à transmettre son bagage théorique et son
expérience de vie, que l’enfant n’a pas
encore, et qui vont lui permettre de mieux
appréhender la situation, et d’y chercher
des solutions. Qui passeront par l’engage-
ment collectif, peut-être, mais un engage-
ment plus serein, plus rationnel. Car le
traumatisme écologique n’agit pas unique-
ment sur les considérations qui touchent
au climat, mais bien sur tous les domaines
de construction de la vie chez l’enfant, et
peut s’avérer dangereux s’il n’est pas pris
en charge assez vite. Vivre dans l’incerti-
tude permanente, dans la peur du lende-
main et dans l’obligation de se battre pour
chaque minute supplémentaire n’aide évi-Traumatisme écologique :
le nouveau mal du siècle?
Comment grandir dans
l’incertitude permanente
quand l’avenir de la planète
affecte la construction
de la vie des plus jeunes
générations?
Les adultes doivent
en prendre conscience
et se mobiliser.DRPar
NOÉ GAUCHARDEtudiant en sciences sociales,
jeune militant pour le climatGrille n° 1463 HORIZONTALEMENT
I. sur les reins # Dysfonction d’un programme Où l’on peut mettre mètre II. Stuc pour marbre IV. Grâce au préservatif III. Elles ont le Rhin,
on peut parler, presque comme AznEntre mer salée et marais salant V. Jane chez Brontë # Quarantièmavour, de vénériennes oubliées e#
de Rougon-MacquartBaltique # De quoi rendre un moine toxique VI. Elle relie le plus grand lac d’Europe à l VII. Moins de 3,5 t a#
On en trouve dans les raves collent aux cuisses IX. Sur le cul # Il n’aime pas son voisin de panie VIII. Mit des étoiles dans la poêle # Ilsr
X.VERTICALEMENT Comme l’espace qui empêche toute séparation XI. N’importe quoi1. nom, grandes conséquences climatiques Qui fait un peu mal à l’organisme 2. Proposas un emprunt # Peti 3. Sous son pontificat futt
achevé le dôme de la basilique Saint-Pierre # Descend (est) time de Mormons # Cinq cinq par exemple # Etrange créature à L.A 4. Vic-.
5. Salariés d’une start-up # FaudeAprès s’être fait mousser # Capitale en Asie l en fut le petit prince 6. Chef athénien 7. Moi # Il#s
ont les moyens Solutions de la grille précédente 8. Disent du bien # Poisson d’eau douce 9. Epaisses
Horizontalement I.III. RRRRRRRRR. IV. CCCCCCCCC. OOOOOOOOO. II. V. OOOOOOOOO. NNNNNNNNN.
IX. VI. AAAAAAAAA. RRRRRRRRR. X. VII. UUUUUUUUU. VVVVVVVVV. XI. VIII. SSSSSSSSS. IIIIIIIII.
Verticalement [email protected] 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. et 9. CORONAVIRUS.
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ON S’EN GRILLE UNE? Par GAËTANGORON
bération endrediV 6 Mars 2020 http://www.liberation.fr facebook.com/liberation @libe u 23
Strasbourg
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Toulouse
Bordeaux
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Brest Caen
Lille
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MontpellierMarseilleNice
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Soleil
Agitée Peu agitée Calme Fort Modéré Faible
ÉclairciesNuageux Pluie Couvert Orage Pluie/neige Neige
nuest du pays en apportant nuages ete nouvelle perturbation envahit la partie
uies. Dans l'est, le ciel hésite entre nuages éclaircies et le risque d'averse faiblit.
AsPRÈS-MIDI trois quarts du pays avec de la pluie ouLe mauvais temps concerne
pes averses. Le soleil fait quelques bellesparitions des Alpes à la Méditerranée.
VENDREDI 6
IP
04 91
27 01
16
1,5 m/14º
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5,5 m/12º
2,5 m/11º
ANCE MINMAX
laleen (^5487)
raestntes 75 109
arisrasbourg (^5698)
jon 4 9
FRANCE MINMAX
LyonBordeaux 851010
ToulouseMontpellier 67 118
MarseilleNice (^1091214)
Ajaccio 10 12
MONDE MINMAX
AlgerBerlin (^154178)
BruxellesJérusalem 135 138
LondresMadrid (^261011)
New York 4 7
1515
Le temps s'assèche par l'ouest. Quelquesaverses traînent sur les reliefs du sud avec
de la neige à basse altitude. On retrouve desgelées sur le nord-est et le centre-est.
L’APRÈS-MIDIPyrénées au nord-est avec encore quelquesLe ciel reste très nuageux des
averses de neige sur les Pyrénées. Le soleilrevient sur un large quart nord-ouest et en
Méditerranée.
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1m/9º
0,3 m/10º
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Rendez-vous chaque samedi dans
LIVRES
VOYAGES
C’est le
week-end
ImagesMUSIQUE
FOOD
Libération Pages 46-47 : Luce d’Eramo /Page 47 : Leïla Slimani /Page 50 : David Szalay / Samedi 7 et Dimanche L’Alsacienne de Meknès«Comment ça s’écrit» 8 Mars 2020 Allemagne, année sans retour u 43
Frédéric Paulin, à Rennes, le 14 février.
«Le roman noir est pour moi le roman engagé»
Recueilli parRencontre avec Frédéric Paulin
ALEXANDRA SCHWARTZBROD Envoyée spéciale à Rennes DUMAS. VU Photo RICHARD Nvif, un angoissé que seule l’écri-ric Paulin, 48 ans, est un écorché à ses romans très très noirs, Frédé- murder», ture apaise. Et depuis quatre ans «Future is unwritten» ses tatouages sur air de grand durles bras (e vous fiez pas à son «Meat is a ) et , à il n’arrête pas. Il publie cette se-maine taclan, à Paris.tentats dedernier volet d’une trilogie consa-crée aux racines et à l’expansion du terrorisme jihadiste, de 1992 à 2015, du lendemain de la victoire du FIS en Algérie à l’année des at- la Fabrique de la terreur, Charlie Hebdo et du Ba- En compagnie de son héros, Tedj Benlazar, Français de père algé-rien, agent atypique de la DGSE qui comprend très vite les tragé-dies qui s’annoncent, il dessine une incroyable fresque qui nous emmène en Algérie bien sûr, mais aussi en Bosnie où bon nombre de jihadistes ont fait escale à la fin en Folio), a reçu de nombreux des années 90 et jusqu’à Tora Le premier tome,et dernier volet une ruse Bora, le refuge d’Oussama ben La-den aux confins de l’Afghanistan. prix et s’est vendu à quelque 15 000 exemplaires. Le troisième (Agullo, 2016, repris La guerre est Suite page 44
Libération Samedi 7 et Dimanche 8 Mars 2020 u 37
Une cassette de En Chine, cassette contre censure
Deformity of Human Consciousness,
un album du groupe de metal
chinois The Dark Prison Massacre.
DR
Page 40 : Cinq sur cinq /Page 41 : On y croit /Page 42 : Casque t’écoutes? /CocoRosieLe feu au rapArmel Le Cléac’h
52 u http://www.liberation.fr facebook.com/liberation @libe Libération Samedi 7 et Dimanche 8 Mars 2020 Libération Samedi 7 et Dimanche 8 Mars 2020 u 53
Jérusalem des chambres
L’hôtel King David, à Jérusalem-Ouest, et l’American Conoly, dans les quartiers Est de la ville, ont tous deux ont hébergé des chefs d’Etat, des rois, des princes, et ont été le lieu à part
Visite de ces palaces où disposer d’une suite peut se révéler de négociations qui ont jalonnés le conflit moyen-oriental. un véritable enjeu diplomatique.
Toutefois, lorsque la Grande-Breta-gne exerce son mandat sur ce qui s’appelle alors la Palestine, le King David abrite le quartier général de l’armée britannique. C’est ce qui lui vaut d’être visé par une action du groupe indépendantiste Irgoun qui milite pour l’indépendance de l’Etat d’Israël. Le 22 juillet 1946, une
bombe détruit l’aile sud du bâti-ment. Onze années plus tard, le King David renoue avec son itiné-raire d’hôtel haut de gamme. Il est racheté par la chaîne israélienne
établissements.Dan, qui possède aujourd’hui seize L’American Colony, lui, est, à l’origine, une maison édifiée au XIXcommunicantes toujours conser-nes chambres, dotées de portes Effendi el-Husseini pour ses quatre épouses. L’histoire veut que certai- siècle par le pacha Rabah e
vées, au maître des lieux d’accès pour rendre visite à ses conjointes... Après sa mort, la bâtisse est reprise par un couple de chrétiens venu de Chicago, les Spafford. D’où le nom
ment. Dans ces cas, pour savoir qui le a droit aux deux principales suites à 6 000 dollars Dan. Il a accueilli pas moins de cinq le directeur commercial du groupe ce sont les services de sécurité qui ont reçu 25 chefs d’Etat et de gouverne- présidents américains dans les final cut », précise Sheldon Ritz, [5 300 euros] la nuit,
lieux. Lorsque Donald Trump s’ins-talle dans sa suite, ses exigent que les vitres, malgré tout à l’épreuve des balles, soient mas-quées par des plots en béton ce qui ne contribue pas vraiment à l’éclai-rage naturel des lieux.Le vaste lobby du King David, dont bodyguards
de toutes les célébrités qui y ont sé-pour la bar-mitsva de son fils. Reste journé, laisse une large place aux arts et aux lettres. Le comédien Mi-chael Douglas a ainsi choisi l’hotêl les pavés sont ornés des signatures tout de même que le pouvoir et la notoriété se doavec le calendrier de Jérusalem. Il y ivent de composer
a quelques années, Vladimir Poutine avait ainsi prévu de s’instal-ler à l’hôtel au moment de la célé-bration de la pâquriode durant laquelle le King David est complet et les chambres réser-vées jusqu’à un an à l’avance. Le président Russe a donc été poli-e juive. Une pé-
ment, mais fermement, prié de s’installer dans un établissement voisin. On ne badine pas avec les fê-tes religieuses.•
ParEnvoyé spécial à JérusalemPhotos OPPERSKALSKI FRANCK BOUAZIZJONAS
Y allerIsraël est desservidepuis la France en vols directs par cinq compagnies aériennes : Air France, El Al, Transavia, EasyJet et Ryanair. Il faut compter entre 150
et 750 euros pour un aller-retour suivant les saisons et les transporteurs. Depuis l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, un train relie Jérusalem en vingt minutes.
Y dormirPour le visiter sans avoir à en payer le prix, juste en face du King David, l’hôtel Eldan offre de chambres à un prix accessible.Rens. : Eldanhotel.comL’Olive Tree, situé à une
centaine de mètres de l’American Colony, permet à ceux qui veulent s’installer à Jérusalem-Est, de se loger à un tarif plus modéré.Rens. : Olivetreehotel.co.il
Chambres avec vues
tefois, quelques années plus tôt, le même Tony Blair chef du gouver-nement britannique, en visite offi-cielle à Jérusalem s’était installé... au King David.Depuis que le processus de paix est plutôt au point mort dans la région, l’American Colony est moins prisé par les élus de tous bords. «Notre po-
nous coûte cher,que 5 % de clients venus du monde Suisse fournissent les plus gros ba-kovitz, Unis, l’Allemagne ou encore la sitionnement axé sur la neutralité arabe et 15 % d’Israéliens.» taillons d’hôtes prêts à payer en notre clientèle ne compte estime Jeremy Ber- Les Etats-
moyenne 350 euros la nuit. A ce prix, ils peuvent dormir dans l’un des 92 chambres conservées dans leur jus, avec carreaux d’époque patinés par le temps au sol et baignoire à l’ancienne. Le bar, où il n’est pas tou-jours possible de distinguer avec précision qui est attablé, demeure néanmoins un lieu de rendez-vous
à fort enjeu. Les chefs d’entreprises vent souvent pour négocier leurstemps le King David doit parfois gé- deals israéliens et palestiniens s’y retrou- Plots e rer de manière diplomatique des en toute discrétion. nbéto n. Pendant ce
délégations officielles qui arrivent en même temps. railles de Shimon Pérès ministre israélien] «Pour les funé- [l’ex-Premier nous avons
d’Américan Colony. Depuis, l’hôtel est toujours détenu par une soixan-taine de personnes physiques de nationalités américaine, britanni-que ou suisse.La distance entre chacun des deux établissements n’excède pas deux kilomètres. Pourtant, l’un comme l’autre, ont leur clientèle et leurs
aficionados. veulent rencontrer des officiels isra-éliens et palestiniens descendent chez nous», vits, dirigeant de l’American Co- précise Jeremy Berko- «Les politiques qui
lony. Arrivé de Londres il y a qua-rante ans, et embauché comme comptable, il préside aujourd’hui le conseil d’administration de l’éta-blissement et manie aussi bien l’anglais que l’hébreu et l’arabe. Si-gne du positionnement de l’Ameri-can Colony, l’ex-Premier ministre Tony Blair y a passé de longs sé-
jours lorsqu’il était l’envoyé du quartet de l’Union européenne, ce groupement de quatre Etats dont l’objectif était alors de réveiller le dialogue israélo-palestinien. Tou-
David au cœur de Jérusalem. Ici, ont suites présidentielles de l’hôtel King prince Charles ou Emmanuel Macron, le ficielle en Israël, Donald Trump, résidé durant leur dernière visite of-bre. Bienvenue dans l’une des deux Sencore le roi d’Es-ixième étage, une portes de bois som-fond et des doubles moquette rouge pro-
pagne. Ici encore, les vitres font dix centimètres d’épaisseur et sont garanties à l’épreuve des balles, certes, mais aussi des roquettes de type
RPG. Ici enfin, les chefs d’Etat ou de gouverne-ment peuvent, depuis leur fenêtre, regarder toute che-Orient. Droit devant eux se dresse le mur des Lamentations, lieu saint du judaïsme, la mosquée d’Al-Aqsa chère aux musulmans ou en-la complexité du Pro-
core le mont des Oliviers, prisé par les pèlerins chrétiens. En 1977, lors-que le président Egyptien Anouar el-Sadate effectue une visite historique en Israël, il loge au King David.A quelques encablures, à l’est de ce bâtiment hautement chargé d’his-toire, un ensemble de quatre mai-sons édifiées dans le plus pur style
byzantin a vu lui aussi s’écrire quel-
ques pages de l’histoire compliquée du Moyen-Orient. L’hôtel American Colony, sa fontaine ombragée, son patio et sa suite numéro 16, théâtre de discussions aussi discrètes que déterminantes en 1997. Dans cette chambre où l’on peut accéder sans passer par la réception, se sont re-
trouvés, durant des semaines, Yossi Beilin émissaire du Premier minis-tre israélien de l’époque Ehud Barak et Fayçal Husseini, notable palesti-nien de la ville de Ramallah. Leurs échanges ont été les prémices des accords d’Oslo signés en 1998. L’une des premières mani-festations du dialogue
israélo-palestinien dans la partie juive de pour une recon-naissance mu-tuelle des deux na-tions.Deux hôtels, l’un à Jérusalem-Ouest
toujours été un hô r même histoire : celle de l’épicentre du Moyen-Orient. Gès musulman de la cité, pour une r quartiers Est, le secteur ose. Le King David n’a pas la ville, l’autre dans les tel trois étoiles
de 232 chambres. Son histoire com-mence en 1929 quand la famille juive égyptienne Mosseri achète le terrain de 18 000 m² sur lequel sera édifié un immeuble de quatre éta-ges aux façades recouvertes de grès rose. Avant-guerre, des dignitaires étrangers y séjournent déjà et par-fois même sur le long terme comme
l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié.
MerMéditerranéeGAZA Tel-AvivIS 25 RAËL km Jér ISJORDANIE alem JOR us C NIDAE
au loin, Jérusalem-Est, la vieille ville et, Le King David donnant sur le 23 février.
L’entrée et la cour intérieure de
La table où fut signé le traité de paix israélo-jordanienen 1994, à l’hôtel King David de Jérusalem, le 23 février.
l’American Colony à Jérusalem-Est. L’hôtel revendique un positionnement axé sur la «neutralité».