La Revue Nationale De La Chasse N°864 – Septembre 2019

(Wang) #1
ment dans la pente. Ils situent
donc mal les oiseaux, finissent par
buter dessus et les font voler sans
avoir pu les bloquer ». Les reliefs
bénéficient en effet d’une aérolo-
gie complexe. Selon l’heure de la
journée, la température ou le degré
d’ensoleillement, ils sont parcourus
par des mouvements d’air ascen-
dants et descendants capricieux,
qui transportent et dispersent les

odeurs. Un grand nez ne suffit donc
pas : Le chien doit aussi apprendre
à se servir du vent en quêtant tête
haute, seule manière de bien capter
des émanations furtives à plusieurs
centaines de mètres. En lui évitant
de battre inutilement du terrain,
cette qualité lui permet aussi de
s’économiser.
Se pose maintenant cette grande
question existentielle qui divise

deux chapelles de chasseurs : conti-
nental ou britannique? « En mon-
tagne, l’environnement est très
différent d’un étage à l’autre, re-
marque Claude Ferra-Martin. Et
certaines races conviennent mieux
selon que vous chassez en milieu
ouvert ou fermé ». Claude considère
ainsi qu’un épagneul breton, un
peu court sur pattes, mènera plus
difficilement une quête d’enver-
gure dans les rhododendrons, que
des chiens plus grands et puissants
comme le griffon Korthals ou le
braque allemand.
Pour autant et selon notre spécia-
liste, les vrais seigneurs de la mon-
tagne, ceux qui dominent tous les
autres aussi bien dans la broussaille
que dans les grands espaces ouverts
des prairies alpines sont les setters
et le pointer. Nous parlons bien de
la montagne, l’expérience prouvant
que les petits et grands tétras très
piéteurs de la forêt boréale se font
parfois plus aisément piéger par un
chien lent et court de quête.
Voici des années, je m’étais rendu
en Laponie suédoise avec un labra-
dor qui quêtait doucement et mé-
thodiquement autour de moi. Et
j’ai eu plus d’occasions de tir qu’un
ami opérant avec un pointer. Mais
nous ne parlons pas de la même
chasse, et je n’en tire évidemment
aucune vanité!

La science de la montagne
Nous n’avons pas évoqué la qualité
première du chien de montagne,
qui doit s’ajouter aux autres : l’intel-
ligence du terrain. Seul un chien qui
a la science de la montagne, cette
connaissance intuitive des remises,
fera vraiment la différence. En ap-
prenant à sélectionner le terrain à
battre, en orientant instinctivement
sa quête vers les bonnes places, il
s’économise. Il bénéficie ainsi d’un
formidable avantage pour trouver
un gibier rare et disséminé.
Sauvagerie des oiseaux et difficulté
du terrain : tous les ingrédients sont
réunis pour faire de cette quête la
plus exigeante et la plus belle de
toutes les chasses au chien d’arrêt,
même si le bon auxiliaire est devenu
aujourd’hui aussi rare que le gibier
convoité! ◆

Chasse Cynophilie


Tétras-lyre
prélevé à
Karaganda dans
les montagnes
kazakhes, grâce
à l’arrêt de
pierre de ce
jeune setter
anglais, race
bien adaptée à
ce travail.

...


98 La Revue nationale de la chasse - No 864 septembre 2019



Un petit
gabarit, comme
ma regrettée
pointer Anise,
sera plus à l'aise
dans les terrains
montagneux
difficiles.
Anthony Ovini”
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