Echos - 2019-08-14

(coco) #1

Les Echos Mercredi 14 et jeudi 15 août 2019 ENTREPRISES// 15


Grégoire et le livret des auteurs
de « Robin des Bois », l’arran-
geur n’est autre que le direc-
teur musical de Céline Dion, le
metteur en scène et le scéno-
graphe sont des habitués du
Cirque du Soleil, tandis que la
costumière fait référence aussi
bien dans le c inéma que
l’opéra. Enfin, les chanteurs
ont tous fait leurs classes dans
« The Voice » ou au sein
d’autres comédies musicales.

Des licences à l’étranger
Pour financer les 11 millions
d’euros nécessaires à la création
et à la première année d’exploi-
tation du spectacle ainsi que
l’aménagement de la salle, Eleo-
nore de Galard, ex-avocate
devenue productrice et Roberto
Ciurleo, passé par NRJ et Virgin
Radio, se sont tournés vers des
partenaires de choix. Comme
ils ont déjà plusieurs comédies
musicales à succès à leur actif,
dont « Robin des Bois » avec
M. Pokora (800.000 specta-
teurs en neuf mois d’exploita-
tion), ils ont bénéficié du sou-
tien du business développeur
Jean-Charles Mathey, des pro-
ducteurs Gilbert Coullier (à t itre
personnel), Jean-François
Boyer (Tetra Media), et de
l’humoriste Gad Elmaleh.
« Notre objectif est que le spec-
tacle devienne une institution à
Lourdes où on espère l’amortir
en deux-trois ans. Mais il pourra
être présenté à l’étranger soit
avec des licences dans les pays
non francophones, comme
l’Amérique du Sud, l’Italie et
l’Espagne, avec qui nous sommes
en pourparlers. Soit avec notre
propre troupe dans les pays fran-
cophones, comme le Liban ou la
Belgique », se félicite Eléonore
de Galard.n

Martine Robert
@martiRD

Le p èlerinage national de Lour-
des draine chaque été
8.000 pèlerins du 11 au 16 août
dans la petite cité des Hautes-
Pyrénées où Bernadette Soubi-
rous vit apparaître la Vierge en
1858 : une aubaine pour la
comédie musicale consacrée à
ce miracle qui ne désemplit pas
depuis son l ancement le
1 er juillet. Déjà 42.000 billets ont
été commercialisés. Rien n’a
été l aissé au hasard pour
accueillir tous les publics : des
travaux réalisés à l’Espace
Robert-Hossein pour en faire
une vraie salle de spectacles
avec des gradins pour
1.400 p ersonnes et l a possibilité
d’accueillir jusqu’à 130 person-
nes en fauteuil roulant ou dans
des lits médicalisés...
D’emblée, la comédie musi-
cale sur l’enfant du pays, conçue
pour être en résidence durant
toute la saison des p èlerinages à
Lourdes – c’est-à-dire de début
avril à mi-octobre – a été pensée
pour un public international,
avec un sous-titrage en trois
langues différentes. « Nous
avons pris contact avec tous les
voyagistes qui organisent les
pèlerinages de groupe, car 3 mil-
lions de pèlerins sont accueillis
chaque année à Lourdes, dont
55 % sont étrangers », précise
Eléonore de Galard, à l’origine
du projet avec Roberto Ciurleo.
La fameuse grotte de Massa-
bielle a été reconstituée à 70 %
de sa taille réelle et une équipe
aguerrie a été réunie : la musi-
que est signée du chanteur

DIVERTISSEMENT


Près de 11 millions
d’euros ont été
investis pour créer
ce spectacle en
résidence à Lourdes.

La plupart des
chanteurs sont issus
de « The Voice »,
et l’arrangeur a
travaillé avec Céline
Dion.

Une comédie


musicale


à Lourdes


LOISIRS


Denys Meynard
— Correspondant à Saint-Etienne


Avant même les épisodes canicu-
laires de juin et de juillet, qui ont
suscité maintes prévisions angois-
santes sur les températures à venir
des prochains étés, les fabricants
de piscines se frottaient les mains.
La Fédération des professionnels
de la piscine (FPP) a calculé que les
ventes avaient augmenté de 7 % en
2018 et elle prévoit de faire aussi
bien cette année. La piscine est
devenue un must, au point que la
France compte désormais presque
autant de piscines privées que
l’Espagne. Fin 2018, le cap des
2,5 millions de piscines privées a
été franchi. Ainsi, il y aurait une
piscine privée pour 38 Français,
alors que l’Espagne en compte une
pour 37 habitants! Dans les jar-
dins, toutefois, la moitié seulement
des piscines sont enterrées, les
autres étant des bassins hors sol
(bassins fixes et supérieurs à
10 m^2 ). Grâce à la baisse des prix,
l’engouement pour cet équipe-
ment ne se dément pas.


Croissance
hexagonale
Les dirigeants de Piscines Des-
joyaux, le leader du secteur en
France avec une part de marché
estimée à 13 % du total, prévoient
d’ailleurs d’atteindre un chiffre
d’affaires historique lors de leur
exercice annuel 2018-2019, qui
s’achève fin août. Il devrait dépas-
ser légèrement la barre des
100 millions d’e uros d’activité con-
tre 91,9 millions lors de l’exercice
précédent et ainsi faire mieux que
leur précédent record qui date de
2007 (99,2 millions).
Le résultat net de l’exercice
écoulé était en recul de 20 %, à
5 millions, mais le prochain repar-
tira logiquement à la hausse. Sur le
premier semestre, clos fin février, il
s’établit à près de 1,5 million contre
une perte de 1,25 million un an
auparavant. « A partir de la rentrée,
les ventes seront soutenues en
France et dans plusieurs autres pays
européens, tels que l’Allemagne
ou l’Espagne, car nous attendons
un impact positif de la canicule du
début de l’été sur le carnet de com-


mandes », prédit Zakaria Chou-
chou, le directeur financier de
l’entreprise stéphanoise. Le
numéro un européen de la piscine
enterrée, qui réalise près des deux
tiers de ses ventes en France,
s’apprête à densifier son réseau de
concessionnaires (actuellement
150) sur certaines parties du terri-
toire national pour réduire le
temps d’attente de ses clients. Le
nombre de bassins « équivalents
8 × 4 mètres » vendus sur le pre-
mier semestre progresse de 4 % et
devrait se situer autour de 9.
sur l’ensemble de l’année. Le prix
de la piscine est tiré vers le bas,
mais le panier moyen augmente
grâce aux accessoires et aux abris,
qui représentent plus d’un tiers du
chiffre d’affaires de l’entreprise
familiale.
Une nouvelle console domoti-
que (JD Pilot), proposée avec les

bassins qui disposent d’un bloc de
filtration intégré, permet d’avoir à
distance des informations sur le
fonctionnement et les besoins de
maintenance de la piscine. Des
sondes communiquent la tempé-
rature de l’eau, son pH, ou le taux
de chlore. Cotée sur Alternext
Paris, avec 27 % de capital flottant,

à 15 ou 20 millions du passé. » « C’est
un effet des municipales d e 2020, mais
surtout des Jeux Olympiques de Paris
2024 et de l’obsolescence du parc »,
explique Alexandre Gandoin. A ces
raisons s’ajoute un phénomène de
rattrapage car « dans les communes
ayant un quartier prioritaire de la
politique de la ville, le taux d’équipe-
ment par habitant est inférieur de
plus de 40 % à la moyenne natio-
nale », notait la Cour des comptes,
l’an dernier.

Halle non chauffée
Toutefois, l’investissement annuel
actuel ne suffira pas au rattrapage
des zones périurbaines, qui repré-
sentent 22 % d e la population et seu-
lement 1 2 % des surfaces de b assins.
Les 15 millions d’euros du plan gou-
vernemental « Aisance aquatique »
lancé en avril ne pourront changer
la donne, car une piscine coûte
cher, tant en construction (5 à
7 millions en moyenne) qu’en main-
tenance, et son exploitation est
souvent déficitaire.
D’où l’émergence de nouveaux
concepts de piscines à bas coût.
L’architecte Jean Louis Bertho-

Myriam Chauvot
mchauvot@lesechos.fr


Les piscines pour particuliers ne
sont pas les seules en plein boom.
Sur le marché français des équipe-
ments publics, qui compte 4.100 pis-
cines et 6.400 bassins, « on n’a
jamais vu autant de projets que depuis
deux ou trois a ns », remarque
Alexandre Gandoin, responsable
commercial France chez le fabri-
cant de bassins métalliques Myrtha
Pools, un des poids lourds de l’équi-
pement aquatique collectif qui a
vendu lui-même 21 projets l’an der-
nier en France. « Le marché des col-
lectivités locales a connu un pic en
2018, avec une c inquantaine de projets
neufs ou de réhabilitation. Il y a
10 projets de piscines neuves en Seine-
Saint-Denis, c’est sans précédent! »
note-t-il. Mais le boom concerne des
projets plus modestes que les piscines


Piscine low cost ou dans
un semi-remorque... des
concepts neufs apparaissent.
Des nouveautés bienvenues
alors que les coûts de
fabrication restent élevés.


mieu, de l’agence nantaise BBM, a
ainsi conçu pour Myrtha Pools une
nouvelle piscine minimaliste dont
la halle bassin n’est pas chauffée.
Ses murs en lattes de pin assurent
une ventilation naturelle et son bas-
sin en Inox de 1,30 mètre de profon-
deur est posé au sol sans terrasse-

ment. Le concept abaisse de 25 %
l’investissement (2,1 millions pour
un bassin de 25 mètres sur 10), cal-
cule Myrtha Pools, et réduit de
même les frais d’exploitation.
D’autres offres plus radicales
commencent à tester le marché, à
l’instar du camion-piscine de la
start-up suisse Aqwa Itineris. Pour

Les zones
périurbaines
représentent 22 %
de la population.

Mais elles ne
comptent que 12 %
des bassins
en France.

l’entreprise a toutefois resserré son
actionnariat autour du président,
Jean-Louis Desjoyaux, et de sa
sœur Catherine. Avec la sortie, via
une réduction du capital du hol-
ding de tête, de leur frère Pierre-
Louis, installé au Vietnam, d’où il
commercialise les produits du
groupe en Asie.n

lLe leader du secteur occupe 13 % du marché hexagonal.


lL’entreprise va passer la barre des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires.


Piscines Desjoyaux à son


plus haut niveau historique


l’apprentissage de la natation ou
l’aquathérapie dans le secteur de la
santé, elle propose de pallier le man-
que d’installations fixes par un
semi-remorque offrant un bassin
de 8 mètres sur 2, dont le fond
mobile va de 0,2 à 1,20 mètre de pro-
fondeur. Purification et chauffage
de l’eau, vestiaires, tout est inclus
dans ce semi-remorque au gabarit
standard qui, fait valoir Aqwa Itine-
ris, « peut être exploité par plusieurs
communes ». Reste à voir si les élus
locaux se laisseront séduire. En
développant des offres à bas coût, le
secteur caresse aussi un autre
espoir : rendre possible un plan
national où l’Etat cofinancerait à
50 % les équipements aquatiques
pour aider les communes défavori-
sées à rattraper leur retard. Le der-
nier plan, nommé « 1.000 Piscines »,
date des années 1970. Il avait doté la
France de 600 piscines neuves avec
quatre modèles, dont Tournesol et
Plein Ciel (au fameux toit bulle
blanc). « Elles étaient énergivores et
coûtaient une fortune en exploita-
tion, aujourd’hui les piscines sont
beaucoup mieux conçues », se prend
à rêver un professionnel.n

La piscine publique à bas coût émerge


La piscine se démocratise


Selon la Fédération des professionnels de la piscine,
115.000 nouveaux bassins ont été installés en 2018.
La fédération parle d’une démocratisation de cet équipe-
ment, en déclarant que 42,2 % des détenteurs de piscine
privés ont des revenus mensuels situés entre 1.
et 3.000 euros. Le secteur recrute. Il représenterait,
selon la FPP, plus de 51.000 emplois directs et indirects.
En 2017, les effectifs des spécialistes de la piscine ont
augmenté de +6 % et près de 4 entreprises sur 10 émet-
taient un besoin de recrutement contre 14 % en 2014.

à suivre


L’ Europe impose des taxes
sur les biocarburants indonésiens

ÉNERGIE La Commission européenne a annoncé mardi sa déci-
sion d’imposer des droits de douane, compris entre 8 % et 18 %,
sur les biocarburants en provenance d’Indonésie. « Notre
enquête a mis en lumière que les producteurs de biocarburants
indonésiens bénéficient de subventions, d’avantages fiscaux et
d’accès à des matières premières à des prix inférieurs à ceux du
marché. Cela fait peser une menace de préjudice économique sur
les producteurs de l’UE », souligne la Commission pour justifier
ses décisions. L’exécutif européen précise que ces droits com-
pensatoires sont provisoires et que ses investigations se pour-
suivent, avec la possibilité d’imposer des mesures définitives
d’ici à la mi-décembre.

Norwegian interrompt ses vols
transatlantiques depuis l’Irlande

AÉRIEN La compagnie à bas coût Norwegian a annoncé mardi
la suspension de tous ses vols transatlantiques depuis l’Irlande,
invoquant les déboires du Boeing 737 MAX. La décision, effec-
tive à compter du 15 septembre, affectera six routes exploitées
depuis Dublin, Cork et Shannon vers les E tats-Unis et le Canada.
« Compte tenu de l’immobilisation de l’avion Boeing 737 MAX,
nous avons conclu que ces routes ne sont plus viables sur le plan
commercial », a déclaré un responsable des activités long-cour-
rier, Matthew Wood, dans un communiqué. Pionnier dans le
long-courrier low cost, Norwegian est frappé de plein fouet par
le maintien au sol des 737 MAX, modèle interdit de vol après
deux accidents mortels.

42.
BILLETS
ont déjà été commercialisés
depuis le démarrage
de la comédie musicale
le 1er juillet. Si le succès est
au rendez-vous, le spectacle
pourrait être exporté
à l’étranger.
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